Si tu me demandes de quoi je suis experte, mon premier réflexe, c'est de répondre : de rien. Que je ne suis pas légitime pour me dire experte de quoi que ce soit.
Et puis je cherche, vraiment, tout au fond. Et là, c'est clair : je suis experte de la transformation. De la résilience. De l'évolution.
Experte d'avoir été trop moi, sans limites, sans faire attention aux autres. Et de ne pas avoir été assez moi, sans limites, sans faire attention à moi. Experte d'avoir mis tout ça au travail, et d'apprendre, jour après jour, à être moi sans m'effacer ni écraser personne.
Experte du syndrome de l'imposteur, de cette petite voix qui jure que je ne peux aider personne. Experte du paradoxe et de l'ambivalence.
Experte d'être une femme dans une société qui passe son temps à nous dire comment on devrait être. Experte d'être une mère. D'avoir traversé le deuil périnatal, la dissociation post-partum, d'avoir perdu ce que je croyais être mon identité, et d'avoir fini par retrouver l'amour de moi.
Experte d'avoir été déçue par la vie, d'avoir voulu la quitter, et d'être encore là. Experte de côtoyer la mort, à travers mes deuils, et aujourd'hui en accompagnant les familles en deuil et les défunt.es qui se présentent.
Experte d'avoir brisé des chaînes et des répétitions dans ma lignée.
Experte de la colère, de la tristesse, de l'amertume. Et de la joie, de l'enthousiasme, de l'amour. De la rage comme de la plénitude.
Bref : je suis experte de ce qu'on appelle être humaine.
Je ne t'accompagne pas d'en haut, comme quelqu'un qui aurait tout réglé. Mais j'ai traversé assez de tempêtes pour t'aider à voir clair dans les tiennes.
Je ne suis pas là pour te réparer : tu n'es pas cassée. Je suis là pour t'aider à te rappeler qui tu es.








